Atelier

06/2024 - Marrakech

Une des questions centrales du projet Organic Knowledge concerne la méthode et l’éthique applicables à la pratique artistique dite “collaborative” et “participative”. Yemoh Odoi, fondateur et directeur artistique de l’association, revient sur la méthodologie singulière qu’il a forgée au fil d’années de travail sur le terrain au plus près des communautés migrantes dont lui-même est un membre actif.

Dans la deuxième partie de l’atelier, et fidèle à la démarche de The Minority Globe, la théorie se joint à la pratique par des incitations créatives à l’adresse du groupe.

Avec la participation d’acteurs et actrices culturel.le.s et de membres actifs issu.e.s de communautés migrantes et marocaines, l’atelier est revenu sur les enjeux d’Organic Knowledge. L’atelier débute par une visite guidée de l’exposition, et se poursuit par des échanges. Dans la deuxième partie de l’atelier, les participant.es réalisent des poésies sous forme graphique et écrite.

Exposition Édition I

04/2024 - Marrakech

Organic Knowledge produit des images et des idées du déplacement en collaboration avec les communautés migrantes. Le projet prête attention à la pratique culturelle orale et matérielle informée par le voyage, avec le désir de créer une archive collaborative d’un système de connaissance qui reste marginalisé et peu connu, s’offrant comme un contre-récit pour l’étude sociale et la réactivation par l’art.

En 2023-24, la première édition du projet invite trois duos en résidence de recherche-action. Par le travail de terrain et des ateliers créatifs, Emeka Okereke et Mathangi Krishnamurthy, M’barek Bouhchichi et Omar Berrada, Wiame Haddad et Léa Morin, guidé par l’artiste et activiste Yemoh Odoi AKA Yemoh777s, traversent des questionnements liés à la diversité de pratiques communautaires qui ont la particularité de s’enraciner profondément dans des traditions culturelles vernaculaires, et tout en faisant, malgré tout, de la fragmentation, de l’organicité et de l’insurrection les conditions non négociables de leur existence.

Chercheur principal : Yemoh Odoi
Curatrice : Maud Houssais
Assistante curation : Manon de Matauco

Artistes : Jemaa Aboudrar, Maroua Ahdadouch, Lahoucine Amdlous, Meryem Amjoun, Khalid Bellaoui, Omar BerradaM’barek Bouhchihi, Redouane Boulahdrt, Youssef Boutachkourt, Bakary Dagnogo, Thierno Diakhate, Mbaye Diop, Oumy Diouf, Diallo Amadou Diouldé, Ekongo Philippe Durand, Gaëlle, Ndgna Giye, Glen, Wiame Haddad, Soufiane El Hafi, John Johnson, Fatima Karama, Mathangi Krishnamurthy, Barry Alpha Mamadou, Randa Maroufi, Mehdi Ayoub Mezaga (AKA Koga), Léa Morin, Oudamder, Emeka Okereke, Mohammed Boucharta Ram6, Hind Rhanem, Tamba Jean-Pierre Sandouno, Ndiaye Fatou Seck, Stéphane, Sidi Willame, Yemoh777S, Dorice Zika, Marouane Zemouri

Equipe de projet : Yemoh Odoi, Manon de Matauco, Abderrahim Ait Oulahiane

Montage et logistique de l’exposition : Othmane Ouallal & Simohamed Chakrami

Résidence Wiame Haddad, Randa Maroufi & Léa Morin

02/2024 - Oujda - Laâyoune - Tarfaya

Wiame Haddad et Léa Morin produisent une recherche sur la figure du bateau naufragé entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, symbole de l’extractivisme des côtes maritimes du Sud Global à l’ère anthropocène, tout autant que la figure mythologique par excellence du voyage initiatique. Intéressée par les subjectivités souvent exclues des récits historiques dominants, Léa Morin écrit : “Que reste t’il quand le sable, quand l’océan, recouvrent des espaces et des architectures abandonnées: un sardinier islandais échoué au large de Laâyoune (le Que sera sera), un ferry de voyageurs espagnols (des Îles Canaries) abandonné à Tarfaya, une mosquée enfouie sous les sables, des cabanons détruits dans la lagune de Khnifis. Que sera sera. Eau, rouille, mât, vent, sable, proue, vagues, coques, végétaux, pierres, sel, peintures, dunes, rochers, ossatures, lune, métal, oiseaux, … et des histoires.”

Leur recherche se déploie en deux temps : un atelier créatif co-animé par Wiame Haddad et Randa Maroufi en février 2024 à Oujda en collaboration avec la Hip-Hop Academy ; une recherche exploratoire à Laâyoune en mars 2024, afin d’obtenir des plans filmés en caméra argentique 35mm du bateau naufragé Que Sera Sera.

Avec : Meryem Amjoun, Oumy Diouf, Diallo Amadou Diouldé, Soufiane El Hafi, Mezaga Mehdi Ayoub (koga), Barry Alpha Mamadou, Oudamder, Boucharta Mohammed Ram6, Hind Rhanem

Lieu partenaire : 
AMCA
Édition : 

Résidence Yemoh 777

02/2024 - Laâyoune

Fidèle à une approche qu’il qualifie d’”art social”, l’inspiration première du travail artistique de Yemoh777s émane de la rue et des forces créatives qui produisent ce vaste territoire. Pour “Mer’chant”, l’artiste collabore avec des artistes et des artisans brodeurs sénégalais et ivoiriens de Laâyoune, dont les liens économiques, commerciaux et culturels avec le sud du Maroc perdurent depuis des siècles, malgré des conditions de vie actuelles difficiles. Les sons des machines à coudre, les chants et le vent sur les dunes de sable forment une ode à la résilience et à la ré-imagination d’une cartographie sensible des frontières.

Avec : Thierno Diakhate, Mbaye Diop, Ndgna Giye, Ndiaye Fatou Seck, Sidi Willame

Édition : 

Résidence M’barek Bouhchichi & Omar Berrada

10/2023 - Tiznit - Rif

M’barek Bouhchichi et Omar Berrada ont mené des ateliers et poursuivit des discussions avec des migrants ouest-africains à Tiznit et avec des communautés noires marocaines du Rif. Omar Berrada décrit leur expérience : « À travers la relation des communautés aux plantes, nous avons réfléchi aux intersections entre la Blackness (le terme anglais est conservé en l’absence de traduction satisfaisante en français) et le déplacement, et aux attachements que l’on cultive lorsque la terre ne semble pas stable sous nos pieds. À Tiznit, nous avons considéré la Blackness dans le déplacement, en nous demandant ce qui accompagne les personnes qui ne peuvent rien emporter avec elles et comment les formes de savoir incarné constituent des modes de connexion et de guérison, à la fois physiques et psychologiques. Tout comme dans le Rif où nous nous sommes demandés quelles relations les gens entretiennent avec la terre lorsque le foyer lui-même est un lieu d’exil existentiel. Plus généralement, comment les gens résistent-ils face à la marginalisation ? Par quelles pratiques les individus et les communautés remédient-ils à l’expérience de l’isolement ? Et quelles formes visuelles pourraient traduire la situation difficile d’être tiraillé entre la nécessité de la visibilité et ses dangers ? »

En partenariat avec le centre culturel L’Blend, l’atelier créatif co-animé par Berrada et Bouhchichi se concentre sur des symboles évocateurs du voyage : des plantes locales aux racines dispersées, des masques —créés à partir de chutes de cuirs des artisans locaux— sont ensuite peints, tissés par les participants qui y racontent leur voyage. Lors de la restitution festive de fin d’atelier, les masques sont animés lors de performances musicales. Chacun, chacune partage son expérience de l’atelier.

Résidence Emeka Okereke & Mathangui Krishnamurthy

05/2023 - Tanger

Tanger en tant qu’imaginaire et espace multidimensionnel constitue le décor de la résidence d’Emeka Okereke et Mathangi Krishnamurthy. Le duo dérive dans la ville et son empreinte paysagère particulière, pour en puiser des réflexions sur la situation de la ville du Détroit. Okereke écrit : « À Tanger, il y a des couches stratifiées d’opacités – un phénomène que Mathangi a décrit comme « se cacher à la vue de tous ». Ils (les habitants) sont empilés les uns sur les autres pour former des couches qui séparent secrètement et discrètement les populations autochtones des étrangers.” Lors de l’atelier créatif que le duo a animé au théâtre Darna avec des participants de/à Tanger, la narration est devenue un médium artistique à part entière produisant un laboratoire pour de nouvelles subjectivations, une pratique émancipatrice au sens ontologique du terme. « Nous ne racontons pas une histoire, nous sommes l’histoire », déclare le duo.